| Dans
la lignée de Françoise Hardy et Autour de Lucie, la
chanson pop française de qualité et un brin élitiste
compte une voix féminine gracieuse et cinglante avec Holden.
Sur un ton souple et détaché, le groupe embarque pour
son troisième album après une absence de quatre années
pour créer et peaufiner Chevrotine. Faux rythmes, jeux de
sons, empreint de légèreté, Holden propose
une écoute épurée, simple, d'un calme presque
paradisiaque. Transporté sur des mélodies sans excès,
les mots s'alignent pour partager visions personnelles et histoires
improbables.
Holden propose
un minimalisme musical dans lequel les partitions simples donnent
un rendu agréable, langoureux parfois, une sorte de pop dans
le même registre que celle de Benjamin Biolay ou Fred Poulet
la touche électro en moins. Quelques légères
sonorités inattendus, quelques effets électro... «
quelques » qui n'apportent pas un véritable changement.
La composition est d'un faux calme par rapport aux paroles pleines
de nostalgie (Charlie, Rosie et moi, Madrid), regret (Ce que je
suis), abandon (Sur le pavé). Les paroles traduisent un profond
sentiment de mal être, le ton est en contradiction avec la
musique apportant un bien-être mais la voix s'accorde avec
justesse sur les rythmes chaloupés. Parfois, on se croirait
dans une salle de concert seul à seul avec Holden. L'envie
de fermer les yeux et de se laisser bercer et emporter par cette
voix a priori plate mais bien au contraire traversée d'émotions
cachées.
Le subtil et
classieux Ce que je suis délivre une première impression
positive à l'issue de 4.36 minutes de minimalisme musical
laissant la voix d'Armelle Pioline jouer des mots à travers
un texte intimiste. Madrid reprend ses couleurs latines et avec
des couleurs jazzy pour une visite de la capitale espagnole en toute
hâte. Certainement l'influence chilienne de leur lieu d'enregistrement...
Le langoureux Les cigales importe une touche d'électro sur
un tout petit tempo. La voix se joue, se déjoue et s'enjoue
sans s'élever des textes. Le parrain Jean-Louis Murat vient
donner un coup de main sur le calme et ténébreux L'orage,
l'invité y livre d'ailleurs une prestation pleine de force
empruntant une inhabituelle « grosse voix rauque » pour
s'ouvrir sur le bon Quelque chose en moi. Les morceaux pop s'enchaînent
avec un stakhanovisme déconcertant qui lasse si on ne s'intéresse
pas aux textes (Comme une fille, En septembre...).
Une impression de passé se dégage de Chevrotine. Loin
d'être une balle perdue, la galette de Holden s'offre un retour
dans les 60's et 70's. Chaque titre est peaufiné, marqué
d'un sceau propre au groupe avec une certaine nostalgie qui le rend
unique. Holden redonne le parfum d'antan dans un album constant
sans pour autant qu'un titre ne se dégage véritablement
du lot.
Holden - Chevrotine
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