Bienvenue sur le site de Frédéric Mainemare, Découvrez mes passions et mes coupts de coeur
|
SERGE LIVROZET
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Quel point commun entre un ex-cambrioleur
et un écrivain occasionnellement acteur ?
A priori aucun mais en fait si , il y en a bien un ,SERGE LIVROZET.
|
|
|
SERGE
LIVROZET dans"L' EMPLOI DU TEMPS" étroitement inspiré
de l'affaire de "JEAN CLAUDE ROMAND"où il y joue JEAN
MICHEL, un personnage qui déborde d'humanité, étant
moi-même très sensible aux valeurs humaines, j'ai souhaité
en savoir plus sur celui qui avait su faire preuve de générosité
dans ce film.
Sa vie, son oeuvre, qui mieux que lui pour la raconter
? je vous présente SERGE LIVROZET au travers de quelques passages
de sa vie et de quelques photos, car j'ai vraiment pour cet homme, ses
engagements, un gros coup de coeur. |
|
|
 |
|
|
SERGE
LIVROZET, SA VIE ... |
|
|
Né
d’un père inconnu et d’une mère prostituée,
Serge Livrozet commence à travailler à 13 ans et demi. Il
apprend le métier de plombier. Engagé à 18 ans dans
l'armée de l'air, il devient maître de chien.
En 1961, il crée une entreprise de publicité. Escroqué
par son associé, il cambriole sa propre société, puis
commet des vols sur la Côte d'Azur dans de riches villas. Arrêté,
il est condamné à cinq ans de prison.
Incarcéré à 22 ans à la centrale de Loos-les-Lille,
il passe le bac et devient instituteur des détenus. Le désir
d’écrire pour à la fois témoigner et s’évader
commence à le tenailler.
Libéré en octobre 1965, il rencontre sa femme et, tout en
continuant d’écrire, exerce le métier de démonstrateur
dans les foires. Son casier judiciaire lui interdit de pratiquer toute autre
profession commerciale. Dès cette époque, il analyse la délinquance
d'un point de vue politique et économique.
En 1967, il adhère à la CNT, affichant par cet engagement,
ses idées libertaires. En Mai 1968, il sera l'un des premiers à
occuper la Sorbonne et sera blessé par une grenade offensive. La
tournure des événements le déçoit, mais il continue
de s'affirmer libertaire. Il décide dès ce moment de «
politiser son illégalité » et choisit de manière
lucide de s'en prendre au capital et à ses coffres-forts, afin de
pouvoir créer une entreprise d'édition indépendante
lui permettant d'exprimer les idées auxquelles il croit.
Arrêté en décembre 1968, il passe en cour d'assises
pour « crime contre la propriété », sans jamais
avoir blessé ou menacé qui que ce soit. Il est condamné
à quatre ans de prison, la moitié à la Santé,
le reste à la centrale de Melun. Il profite de ce nouveau séjour
en prison pour écrire, étudier et passer le diplôme
d'études comptables supérieures. Ce qui ne l'empêche
pas de participer à l'organisation des premières revendications
politiques des détenus, notamment dans l'imprimerie de la centrale
(deuxième imprimerie d'Etat après l'imprimerie nationale).
Un tract appelle les détenus à une grève sans violence. |
|
|
 |
|
|
A
sa sortie de prison, en juillet 1972, il rencontre Michel Foucault, avec
lequel il correspondait et qui devient son ami.
En novembre 1972, ils fondent ensemble le Comité d'Action des Prisonniers
(CAP). |
|
|
Il participe
à la création de Libération, avec Michel Foucault,
Maurice Clavel, Jean-Paul Sartre, Marin Karmiz, Claude Mauriac, Philippe
Gavi etc.
Un mois plus tard, Serge July, encore maoïste, arrive au journal. Serge
Livrozet cesse alors de participer à la création de Libération.
Début 1973, il publie son premier livre au Mercure de France, De
la prison à la révolte, préfacé par Michel
Foucault, qui parle à son sujet de « philosophie du peuple
». Pour la première fois, le système carcéral
est analysé du point de vue politique, économique et idéologique
par un ex-détenu. Depuis cette date, ce livre n’a jamais cessé
d’être réédité. |
|
|
|
 |
|
|
|
|
" L'EMPLOI DU TEMPS" |
|
|
|
Directeur du centre socioculturel
de Bièvres de 1973 à 1974, grâce au soutien de sa femme
Annie et de collaborateurs dévoués, il accueille
et subvient durant plusieurs mois aux besoins d’une cinquantaine de
familles chiliennes réfugiées en France après le coup
d'état de Pinochet.
Licencie, il devient travailleur indépendant et assure la
gestion d'une dizaine d'entreprises.
En juin 1974, il est appelé à témoigner à Colmar
en faveur d’un détenu accusé d’avoir giflé
un juge de l’application qui refusait de l’écouter. Le
détenu écope un an de prison ferme qui s’ajoute à
sa précédente condamnation. Outré par la démesure
de la sentence, Livrozet crie en plein tribunal : « Pourriture de
justice française ! » Arrêté sur le champ, loin
de se rétracter, ainsi que le lui conseille l’avocat du détenu,
il confirme ses propos. Le tribunal le condamne séance tenante à
deux mois de prison ferme. Le Canard enchaîné titrera à
ce propos : « Les insultés jugent l’insulteur. »
il interjette aussitôt appel et demeure libre.
Deux mois plus tard, à l’occasion du jugement devant la cour
d’appel, le CAP organise à Colmar dans une salle de cinéma
de la ville « les assises de la justice ». Plusieurs centaines
de personnes et plus de vingt organisations politiques et syndicales se
rendent à Colmar pour le soutenir. Surpris par l’ampleur du
mouvement en plein mois d’août, les journaux locaux relèvent
qu’il y a plus de CRS dans la ville que durant la guerre d’Algérie.
Dans la salle d’audience archicomble, à la surprise des magistrats
eux-mêmes, Livrozet paraît se rétracter : « Je
n’aurais pas dû dire pourriture de justice française.
» Et d’ajouter dans la foulée : « Mais pourriture
de toutes les justices, la française, la russe, l’américaine
etc. » Sa peine est ramenée à 213 euros (1.400 francs
de l’époque).
En 1975, afin de dénoncer les quartiers de haute sécurité,
le CAP organise une marche sur Mende (qualifiée à cette occasion
de « chef lieu de la Lozère et de la torture »).
En 1976, Le CAP coordonne la première manifestation contre la peine
de mort. Elle rassemble 10.000 personnes à Paris.
Enumérer les actions auxquelles il a participé depuis 1968
sortirait du cadre forcément restreint de cette biographie sommaire.
Mais, ainsi qu’il se plaît à le dire : « l’heure
de mes mémoires n’a pas encore sonné. »
Au cours des années, il a collaboré à divers journaux
et contribué à la création de nombreux mouvements de
libération et de lutte pour plus de justice sociale.
Il a participé à des centaines de débats, à
de nombreuses émissions radiophoniques et télévisées
en France et en Europe, ainsi qu'à plusieurs commissions. La dernière
en date concerne la réforme de la Cour d'assises.
Réhabilité en 1983, il continue de militer, d'écrire,
d'animer divers débats, de rédiger et de dire des sketches,
de mener des actions en faveur d’une humanisation des conditions de
détention et d’une analyse économique et politique des
causes réelles de la délinquance. |
|
|
 |
|
|
Il a animé
durant plusieurs années une émission hebdomadaire (Humeur
Noire) sur Radio Libertaire. |
|
|
En 1981,
il crée une maison d’édition qui fonctionne selon
une conception qui lui est chère : l’absence de hiérarchie
salariale.
Accusé en 1986 d’être le « cerveau » d’une
contrefaçon de billets de banque pour un montant de 70 millions
de francs. En 1989, il passera une nouvelle fois devant la cour d’assises
pour « crime », mais sera acquitté. Les neuf mois de
détention provisoire qu’il effectue à cette occasion
entraîneront la perte de sa maison d’édition. En dépit
de son acquittement et sans aucune explication, il ne percevra aucune
indemnisation. Ce qui ne fait que le conforter dans la piètre idée
qu’il se fait de la justice lorsqu’elle concerne les plus
modestes, surtout lorsqu’ils osent afficher leur contestation. |
|
|
Il anime des ateliers
d’écriture dans des milieux défavorisés. Ce qui
a permis à des élèves du lycée de Saint-Ouen
de co-écrire Le Poulpe au lycée, édité aux éditions
Baleine.
Il côtoie le milieu cinématographique en assurant la fonction
de conseiller technique dans le film Femme de voyou réalisé
par Georges Birchansky et tiré du livre du même nom écrit
par sa femme.
En 2000, remarqué à la télévision par Laurent
Cantet, le réalisateur de Ressources humaines, il tourne dans L’Emploi
du temps, et obtient à ce titre aux Etats-Unis, en 2002, le prix
du meilleur second rôle au festival du film étranger.
Il collabore actuellement à divers journaux sous forme de nouvelles
ou d’articles d’humeur, tout en préparant un nouveau
livre. |
|
|
 |
|
|
L'excellent
film de LAURENT CANTET
"L'EMPLOI
DU TEMPS" |
|
Aux
côtés de SERGE LIVROZET, AURELIEN RECOING & KARINE VIARD |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
AURELIEN
RECOING DANS UNE INTERVIEW A PROPOS DE SERGE LIVROZET. |
|
|
Jean-Michel
est aussi un acteur amateur ?
Jean-Michel est un acteur amateur,
c'est la première fois qu'il joue, il s'appelle Serge Livrozet
et c'est un ancien casseur de coffre qui nous a vraiment apporté
son expérience. C'était très beau d'ailleurs, parce
qu'il a amené toute son humanité. Il a fait 10 ans de prison,
il a écrit ensuite beaucoup de livres sur le monde carcéral
et il a une grande connaissance de ces dérapages. Donc, j'étais
face à quelqu'un qui a vraiment vécu ça. Et lui était
en face de quelqu'un qui a improvisé et joué bon nombre
de rôles, qui construit justement un dérapage existentiel.
C'était une très belle rencontre. Voilà, pendant
6 mois on a fait ça. On a écouté, on a parlé,
on a tourné autour du pot jusqu'au moment où on est arrivé
au tournage et où il ne fallait plus que vivre. Rien n'était
verrouillé ou totalement fixé. Laurent laissait aux acteurs
amateurs la possibilité de ne pas tout à fait apprendre
leur texte, ce qui leur permettait d'improviser jusqu'au bout. |
|
|
Ecoutez
un extrait du film"L'EMPLOI DU TEMPS" |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|